Bolingo ya Darry, l’amour de Darry en français, exprime magnifiquement et de manière vivante ce lien étroit entre deux êtres intimement liés : la mère et l’enfant.
À travers cette création mémorable, l’artiste nous plonge dans un univers de possibles et de souvenirs indélébiles, nous conduisant sur un chemin parfois sombre et obscur, dont il détient seul la lumière. Cette lumière est l’esprit qui l’anime au moment de sa création, et qui perdure tout au long de l’exposition de son œuvre au public, ainsi que dans son parcours futur.
Des artistes de disciplines variées à travers le monde ont rendu hommage à leurs mères aimantes. De la chanson à la poésie, de la peinture à la sculpture, ces différents créateurs ont sublimé cet amour maternel inconditionnel à travers leurs œuvres. À l’instar des poètes lyriques, ils ont utilisé à la fois la matière et les mots pour construire leurs poèmes de l’âme, en vers ou en prose.
C’est le cas du regretté chanteur congolais célèbre Jules Presley Shungu, alias Papa Wemba, avec son mythique morceau Maman, écrit par Pascal Phoba. C’est également le cas du célèbre écrivain guinéen Camara Laye avec son œuvre générationnelle À ma mère, et plus récemment de la femme politique et journaliste française Clémentine Autain avec son ouvrage Dites-lui que je l’aime. Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux héros artistiques qui, chacun à leur manière, chantent l’amour d’une mère.
Dans Bolingo ya Darry, un hommage à sa mère vivante, l’artiste congolais international Bul’s 21 ouvre une brèche dans le monde des artistes qui abordent ce sujet maternel, à travers cette céramique particulièrement contemporaine.
Cette céramique, haute de 70 centimètres et large de 35 centimètres, avec une base de 30 centimètres, entièrement en terre cuite émaillée, est une symbiose de beauté et de souvenirs presque éternels qui habitent l’esprit de son créateur, un cocktail de sentiments et d’émotions, un mélange des plus beaux joyaux de la vie jamais reçus de quiconque.
Cette œuvre, en mémoire de sa mère, est travaillée artistiquement comme une représentation de toutes les femmes du monde en général, et de l’Est de la RDC en particulier, cette partie du pays en guerre depuis plus de trois décennies, où les femmes sont violées, massacrées et tuées.
Le jour de l’ouverture de l’exposition, l’artiste a choisi de porter un vêtement hautement symbolique, à la fois par sa valeur en lien avec son lieu d’origine et par son caractère spirituel.
Cette tenue s’appelle Mushanana, un cadeau que l’artiste a reçu d’un ami vivant à Goma, cette partie du pays ciblée par les ennemis et territoire de divers conflits armés.
À travers son choix de tenue, l’artiste a transmis un message : celui de soutenir les femmes de l’Est du pays à travers son œuvre et son cœur.
On peut clairement voir dans cette œuvre la représentation d’une femme avec deux enfants, une fille et un garçon. Il s’agit en effet de l’enfant de l’artiste Bul’s 21, sa sœur jumelle, entourée de l’amour maternel de Darry, la mère.
Un trou artistique et symbolique au centre accentue la beauté de l’œuvre, symbolisant la notion d’infini, la souffrance infinie vécue par la mère en portant deux enfants dans son ventre.
Ces représentations continues de ces trois personnages sont une preuve tangible de tous ces moments de difficultés endurés par la mère, mais aussi de tous les souvenirs de ces instants de bonheur et de joie partagés jusqu’à aujourd’hui.
Brain21.














